DEFINITION ET OBJECTIFS :
La lipostructure, développée en 1995 par Sydney Coleman, est une technique utilisée en chirurgie esthétique et réparatrice, pour restaurer des volumes et/ou combler des dépressions.
Cette technique repose sur la réinjection de cellules graisseuses autologues (= prélevées sur le patient)
Elle peut-être utilisée :
- dans des indications esthétiques pour redonner du volume (pommettes, arcades sourcilières, cernes, joues, contour du visage, menton,…). La lipostructure peut être réalisée seule ou en association avec d’autres interventions (lifting, chirurgie des paupières, …)
- en chirurgie réparatrice : comblement de cicatrice ou de dépressions apparues suite à une chirurgie ou un accident, correction de l’atrophie graisseuse.
AVANT L'INTERVENTION :
- Bilan pré-opératoire : Un bilan pré-opératoire habituel est réalisé conformément aux prescriptions.
- Consultation pré-anesthésique : Le médecin anesthésiste sera vu en consultation dans les 2 mois qui précède la chirurgie et au plus tard 48 heures avant l'intervention.
- Tabac : Il est conseillé d’arrêter de fumer pendant les 2 mois qui entourent l’intervention.
- Aspirine : Aucun médicament contenant de l'Aspirine ne devra être pris dans les 10 jours précédant l'intervention. Les traitements personnels à base d’Aspirine (Aspegic, Kargédic, …) ou tout autre traitement fluidifiant le sang aura bien sur été signalé à votre chirurgien et à votre anesthésiste.
- Douche à la Bétadine : Il sera pratiqué un lavage des cheveux à la Bétadine scrub (flacon rouge) la veille et le matin de l'intervention.
- Aucun maquillage ni vernis à ongle ne sont autorisés le jour de l’intervention.
- Il est fondamental de rester à jeun (ne rien manger ni boire, ni fumer) 6 heures avant l'intervention.
TYPE D' ANESTHESIE et MODALITES D' HOSPITALISATION :
Type d'anesthésie :
Tous les types d’anesthésie sont possibles pour une lipostructure :
- anesthésie locale seule
- anesthésie locale + neuroleptanalgésie (des tranquillisants sont administrés par l’anesthésiste pendant l’intervention mais le patient reste vigil),
- anesthésie générale : elle présente l’intérêt d’éviter la modification trompeuse des volumes qu’engendre l’infiltration d’anesthésie locale.
Modalités d'hospitalisation :
Une hospitalisation de journée est habituellement suffisante (« hospitalisation en ambulatoire »).
L'INTERVENTION :
La graisse est prélevée sur le patient, un peu comme dans une liposuccion mais de manière manuelle, à l’aide d’une canule et de seringues. Les sites de prélèvement habituels sont le ventre, les cuisses et l’intérieur des genoux. Des incisions de quelques millimètres ne laissant pas de cicatrice visible sont nécessaires pour passer la canule de prélèvement.
La graisse est centrifugée afin de ne récupérer que les cellules graisseuses ou adipocytes. La phase huileuse et la phase sanguine sont jetées.
Les adipocytes sont ensuite réinjectés en multi-couches au niveau du visage grâce à de fines canules. Deux points d’entrée de 1-2 mm sont nécessaires pour chaque site à traiter. Ils laissent une cicatrice quasiment invisible, que l’on placera en général dans les rides et sillons naturels.
L’intervention dure entre 30 minutes et deux heures selon les volumes à injecter.
Les mini-incisions sont soit refermées par un point, soit simplement couvertes par un strip.
LES SUITES OPERATOIRES :
Les douleurs au niveau du visage sont en général peu importantes. Elles sont plus marquées au niveau des sites de prélèvement (impression de courbature ou d’avoir reçu un coup)
Dans les 48 heures qui suivent la chirurgie, un œdème important et des ecchymoses (bleus) apparaissent au niveau du visage et persisteront pendant 1 à 3 semaines, pendant lesquelles une éviction sociale et professionnelle peut être nécessaire selon les cas. Un œdème plus modéré peut persister plus longuement.
L’exposition solaire et aux UV est contre-indiquée pendant 1 mois.
LE RESULTAT :
Le résultat est appréciable au bout de 3 à 6 mois. Sur les zones immobiles du visage (pommettes, menton, péri-orbite, tempes,…), 70 à 100% du volume graisseux injecté restera en place. Néanmoins, les fluctuations pondérales auront un retentissement sur les zones injectés avec des pertes de volumes possibles en cas d’amaigrissement et inversement en cas de prise de poids.
Le résultat se détériorera progressivement au fil des années en raison de la poursuite naturelle du vieillissement.
Sur les zones mobiles du visage, comme les lèvres et les sillons naso-géniens, les adipocytes tendent à se résorber beaucoup plus voire totalement ce qui fait préférer l’utilisation d’acide hyaluronique pour ces localisations.
LES COMPLICATIONS ENVISAGEABLES :
Risques inhérents à la chirurgie :
- Une insuffisance de résultat, secondaire à un excès de résorption des adipocytes ou une petite asymétrie sont possibles. Des retouches sont donc parfois nécessaires (à partir du 6ème mois post-opératoire).
- Les hyper-corrections sont secondaires à un excès de graisse injectée et ne peuvent être objectivées qu’après 6 mois post-opératoires, lorsque l’on sera assuré que tout œdème aura disparu. Elles sont difficiles à traiter car elles nécessitent souvent une exérèse chirurgicale. C’est pourquoi il est plus prudent de ne pas anticiper une éventuelle résorption graisseuse en sur-corrigeant les patients et qu’il est préférable d’avoir une insuffisance de résultat.
- Des nodules sous-cutanés donnant un aspect de peau d’orange peuvent être la conséquence d’une injection trop superficielle. Ils peuvent être traités par des injections locales de corticoïdes.
- L’infection est exceptionnelle, pévenue par une antibiothérapie peropératoire.
- La lésion de vaisseaux et de nerf est prévenue par l’utilisation de canules mousses (extrémité arrondie)
Risques inhérents à l’anesthésie :
Lors de la consultation, le médecin anesthésiste informera lui-même le patient des risques anesthésiques. Il faut savoir que l'anesthésie induit dans l'organisme des réactions parfois imprévisibles, et plus ou moins faciles à maîtriser : le fait d'avoir recours à un anesthésiste parfaitement compétent, exerçant dans un contexte réellement chirurgical fait que les risques encourus sont devenus statistiquement presque négligeables. Il faut savoir, en effet, que les techniques, les produits anesthésiques et les méthodes de surveillance ont fait d'immenses progrès ces vingt dernières années, offrant une sécurité optimale, surtout quand l'intervention est réalisée en dehors de l’urgence et chez une personne en bonne santé.
Les réactions à l’anesthésie locale (allergie, réaction cardiaque ou neurologique) sont exceptionnelles. La réalisation d’une intervention dans un bloc opératoire avec un personnel compétent et un médecin anesthésiste permet de faire face à ce type de réaction de manière rapide et efficace.
l est conseillé de conserver ce document, de le relire après la consultation et d'y réfléchir " à tête reposée ". Cette réflexion suscitera peut-être de nouvelles questions, pour lesquelles vous attendrez des informations complémentaires. Votre chirurgien est à votre disposition pour en reparler au cours d'une prochaine consultation, ou bien par téléphone, voire le jour même de l'intervention avant l'anesthésie.
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